"Hell Here" by ARTBYSKINGS London based Illustrator.
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Robin Williams as Mrs Doubtfire 1951 - 2014 You will be missed. R.I.P.

Robin Williams as Mrs Doubtfire
1951-2014
You will be sorely missed. R.I.P. 


"When someone who sees the funny in everything in this world
decides to leave it, it does not get sadder than that."



The Boys of Mitte
Little Dean, Berlin - Germany, August 2014 by Justin Violini
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Jack Pierson - Untitled (Andrea Carrano) 1996

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Summer days...



Il y a 100 ans






Une cloche retentit parmi les explosions ; des gongs et des coups frappés sur le métal annoncent partout les gaz, les gaz, les gaz...
Derrière moi, un bruit d'écroulement, une fois, deux fois, j'essuie les lunettes de mon masque pour effacer la vapeur de l'haleine. Nous sommes là quatre en proie à une tension lourde, aux aguets, et nous respirons aussi faiblement que possible.
Ces premières minutes avec le masque décident de la vie ou de la mort ; le tout est de savoir s'il est imperméable. J'évoque les terribles images de l'hôpital : les gazés qui crachent morceau par morceau, pendant des jours, leurs poumons brûlés.
Avec précaution, je respire, la bouche pressée contre le tampon. Maintenant, la nappe de gaz atteint le sol et s'insinue dans les creux. Comme une vaste et molle méduse qui s'étale dans notre entonnoir, elle en remplit tous les coins. Je pousse Kat. Il vaut mieux sortir de notre coin et nous aplatir plus haut, au lieu de rester ici où le gaz s'accumule. Mais nous n'y parvenons pas car une seconde grêle d'obus se met à tomber. On dirait que ce sont les projectiles qui hurlent ; on dirait que c'est la terre elle-même qui est enragée.
Quelque chose de noir descend vers nous, en craquant. Cela tombe tout près de nous : c'est un cercueil qui a été lancé en l'air.

Erich-Maria Remarque, A l'ouest, rien de nouveau (1929) - Titre original : Im Westen nichts Neues. Le roman retrace les combats auxquels participe un jeune soldat allemand, engagé volontaire, affecté sur le front ouest. Dans les années 1930, Erich-Maria Remarque fut pourchassé par les nazis pour ses écrits considérés comme défaitistes et "anti-allemands". Son roman pacifiste emprunt d'une profonde humanité et d'une haine viscérale pour la guerre, A l'ouest, rien de nouveau, fit partie des ouvrages livrés aux flammes par les nazis le 10 mai 1933 lors du gigantesque autodafé organisé devant l'opéra de Berlin.



Le lendemain soir à huit heures, beaucoup étaient déjà couchés, certains écrivaient ou jouaient aux cartes à la lueur d'une bougie, d'autres chantaient, quand parut un planton qui cria d'une voix forte qui imposa silence aussitôt :
"Voici les ordres ; le régiment est relevé, on va au repos à Mazingarbe ; départ à quatre heures du matin ; les couvertures sur le sac, roulées en fer à cheval."
Ce fut une explosion de joie, on cria, on applaudit, on rit ; pour ne pas être en retard, il y eut des pressés qui commencèrent à rouler leurs couvertures, quittes à grelotter toute la nuit.
Dès trois heures du matin, tous impatients de partir, nous étions déjà debout. Enfin, le sergent de jour et aussi de nuit s'époumona à s'écrier : "Rassemblement !"
On s'aligna devant la ferme, le long du chemin. Mais qu'est-ce que cela signifie ? Ne voilà-t-il pas qu'on nous distribue à nouveau les deux cent cinquante cartouches à chacun qu'on nous avait reprises la veille ? Quelqu'un expliqua que c'était pour alléger la voiture de la compagnie.
Voilà encore qu'on nous distribue des vivres pour deux jours. Est-ce maintenant pour soulager les voitures régimentaires ? Sinon, c'est assez bizarre qu'on nous donne tant de provisions pour aller à Mazingarbe à six kilomètres à peine.
Enfin, on commande à droite par quatre ; on allait bien voir la direction ; c'est sur la voie de chemin de fer suivie l'avant-veille qu'on nous achemina, nous étions fixés.
Les officiers d'ailleurs nous avouèrent que l'attaque devait avoir lieu à l'aube, c'était là notre repos ; oui, repos éternel pour ceux qui allaient y laisser la vie.

Louis Barthas, Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918. Simple caporal, Louis Barthas combattit pendant quatre ans dans les secteurs les plus dangereux du front : Notre-Dame-de-Lorette, Verdun, la Somme et le Chemin des Dames. Profondément ébranlé par ses années de guerre, il consigna, soir après soir, dans des cahiers d'écolier ses souvenirs du front, de la guerre, de la camaraderie dans les tranchées et de la férocité des combats. Son livre est un bouleversant témoignage de sa foi en la fraternité humaine.



Un remous agita la tranchée. Tout du long, le parapet s'abattit, les sacs arrachés. L'un poussant l'autre, on grimpait. Une seconde d'hésitation devant la terre bouleversée, la plaine nue : on attendait de voir sortir quelques copains pour se sentir les coudes, puis un dernier regard derrière soi... Et sans un cri, tragique, silencieuse, la compagnie s'élança...
Nous précédant de plus de vingt mètres, Ricordeau courait sans se baisser. Plus loin encore, sous la fumée, on voyait des sections s'enfoncer dans le bois. Cachées entre les débris d'arbres, les maxims crépitaient ; un canon de tranchée tirait aussi, à coups pressés, furieusement. Des hommes s'abattaient... Nous courions droit devant nous, farouches, sans un mot : on aurait craint, rien qu'en ouvrant la bouche, de laisser échapper tout ce courage qu'on retenait, les dents serrées.
Les corps et les esprits étaient tendus vers ce seul but : le bois, arriver au bois. Il paraissait affreusement loin, avec toutes ces gerbes d'obus qui nous en séparaient. Un tonnerre sans fin nous retentissait dans la tête et le sol ébranlé tremblait sous nos pas. On se jetait à plat ventre quand éclatait un obus, puis, abasourdis, on repartait noyés dans la fumée. Les paquets d'hommes semblaient fondre sous les éclairs.
Devant moi, un homme blessé laissa tomber son fusil. Je le vis vaciller un instant sur place puis, lourdement, il repartit les bras ballants, et courut avec nous sans comprendre qu'il était déjà mort. Il fit quelques mètres en titubant et roula...

- Roland Dorgelès, Les croix de bois (1919) - Engagé volontaire, Roland Dorgelès participa notamment aux combats de l'Argonne et à la deuxième bataille d'Artois dans le cimetière de Neuville-Saint-Vaast en juin 1915. En 1919, il publia le roman qui le rendit célèbre, Les croix de bois, inspiré de son expérience de la guerre et des tranchées. Dorgelès raconte le froid, la vermine, la crasse, l'ennui, la peur, la résignation, les ordres imbéciles, les carnages inutiles, la proximité des cadavres et de la mort qui font le quotidien du soldat.

Photo by Francesco Artibani - more here


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Jeroen Kerkhof in ‘Run Boy Run’
by Barry Marré for Ferry Menly Magazine

Jeroen Kerkhof by Barry Marré


Summertime - C'est l'été !



Edward Hopper, High Road (1931) 
Watercolor and Graphite on Paper, 20" x 27"


Photo by Chad Siddall - more here





Historia de un amor, Cesária Évora









Je ne résiste pas au plaisir de partager ce petit bijou avec vous...